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Odyssey

Lancée en 2014 dans une version beta, la plateforme sociale Odyssey entend devenir LE site de découverte de contenus pour les jeunes du dernier millénaire.

 

À l’image du réseau social mondial Facebook, c’est sur les bancs d’une faculté que la plateforme Odyssey a été imaginée par deux étudiants en juin 2014. Inscrits à l’époque à l’Université d’Indiana, Evan Burns et Adrian France regrettaient de ne trouver en ligne que des contenus trop politisés, ou au contraire trop génériques. Ils imaginent alors Odyssey, en faisant le pari d’une diffusion de contenus basée sur les réseaux sociaux, afin de privilégier les suggestions et recommandations de lecture selon les cercles de connaissance les plus proches. D’ailleurs, le site le revendique: 87% des contenus sont lus suite à un partage d’un ami sur les réseaux sociaux grâce à une technologie publicitaire propriétaire.

 

30 millions de visiteurs uniques par mois

 

Fin avril, la plateforme Odyssey a refait parler d’elle suite à une levée de fonds de 25 millions de dollars, orchestrée par l’entrepreneur américain Michael Lazerow. La plateforme Odyssey ne manque pas d’attirer rapidement les lecteurs les plus jeunes. Parmi ses 30 millions de visiteurs uniques revendiqués par mois, près de 80% de son lectorat aurait entre 18 et 34 ans.

 

Désormais New-yorkaise, la start-up Odyssey compte environ 70 salariés, et fait régulièrement appel au talent de plus de 12 000 contributeurs issus des universités américaines, du monde littéraire, de la photographie et de la société civile pour proposer de nouveaux contenus : « Nous avons commencé Odyssey parce que nous croyions que le monde a besoin d’autres idées et perspectives » déclare régulièrement son fondateur Evan Burns.

 

Pour rivaliser avec la presse en ligne, Odyssey organise régulièrement des conférences sur les médias. Récemment c’est le journaliste Jay Rosen, également enseignant à l’Université de New-York et véritable icône des réseaux sociaux (il compte plus de 180k d’abonnés sur sa page Facebook officielle et 166k de followers sur Twitter) qui a animé un échange public. Avec plus de 1 000 communautés attachées aux thèmes de l’environnement, de la précarité, de l’éducation et de la protection animale, Odyssey pourrait devenir d’ici quelques années l’équivalent de YouTube pour la presse online.

 

Odyssey

 

Des sujets de publications inhabituels

 

Pour autant, si la volonté de vouloir mettre en lumière des sujets d’actualités parfois mis de côté par les médias traditionnels en valorisant des influençeurs de différentes communautés est noble, Odyssey peine à élargir l’éventail des sujets évoqués. Ainsi, les contributeurs reviennent très souvent à des sujets de publications intemporels et d’ordre spirituel ou psychologique comme « Réflexion sur la pression sociale d’être constamment heureux », « Appel au vivre-ensemble », ou encore « La relation amoureuse avec une personne auto-destructrice ». Le déploiement d’Odyssey au-delà des États-Unis permettra peut-être de mieux redistribuer les sujets abordés.

 

Parmi les contenus réellement liés à l’actualité en temps réel, on retrouve des plaidoyers en faveur des grands singes suite à l’affaire Harambe, le gorille abattu d’une balle dans la tête dans un zoo alors qu’un enfant était tombé dans son enclos. La présidentielle américaine est également évoquée, et une recherche sur le mot-clé « Trump » amène des contenus allant de l’humoristique « Guide de survie Trump en cas d’élection » à des articles plus lapidaires comme « Trump est un bigot ».

 

Un modèle économique en questions

 

Le modèle économique d’Odyssey pose également question quant à la pérennité du projet. En l’absence de modèle de monétisation de ses contenus, Odyssey a basé son business model sur la soif de notoriété de ses jeunes contributeurs. Ainsi, aucune des 12 000 plumes de la plateforme ne touche de rémunération pour ses écrits, la seule promesse d’Odyssey étant de leur offrir de la visibilité en amplifiant leur message sur les réseaux sociaux.